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Un journaliste Burundais condamné à la prison à perpétuité.

vendredi 22 juin 2012, par Abdoulaye Diallo

Une peine à perpétuité a été prononcée mercredi contre un journaliste burundais d’une radio locale et correspondant de RFI (Radio France Internationale). Hassan Ruvakuki est accusé de collaborer avec des groupes terroristes. Un procès mal accueilli par les milieux médiatiques burundais et la société civile, qui parlent de la dépendance de l’appareil judiciaire par l’exécutif. Les organisations des journalistes nationales et internationales déplorent que leur confrère n’ait pas eu droit à un procès juste et équitable.

Un procès de la honte, c’est l’expression qui ressort de différents milieux au Burundi, qui s’insurgent contre le verdict prononcé mercredi par le tribunal contre un journaliste d’une radio locale, Bonesha FM, et correspondant de RFI, section swahili. Il a été jugé pour acte de terrorisme aux côtés de 22 codétenus, dont 12 ont écopé d’une même peine d’emprisonnement à vie. Le président de l’Union Burundaise des Journalistes, Alexandre Niyungeko estime que « la condamnation à perpétuité de ce journaliste était préparée à l’avance. C’est l’aboutissement d’un plan qui avait été concocté dès le départ et qui vient ainsi d’aboutir ».

 les médias burundais envisagent de boycotter le Cinquantenaire de l’indépendance

Après la condamnation du correspondant de RFI au Burundi à la prison à vie, mercredi 20 juin, les réactions d’indignation continuent de s’accumuler. La sentence prononcée contre Hassan Ruvakuki, accusé d’acte de « terrorisme » pour avoir assisté, dans le cadre de son métier, à la naissance d’une nouvelle rébellion burundaise en Tanzanie, provoque une large onde de choc dans le pays.


Il n’y a qu’un seul quotidien au Burundi, un quotidien gouvernemental, et il ne s’est pas indigné dans cette affaire. En revanche, la condamnation d’Hassan Ruvakuki a fait le tour de toutes les radios du pays.

Société civile, organisation de la presse… toutes les voix sont unanimes pour dénoncer une décision de justice qualifiée d’inique. Même la radio Rema FM, qui est réputée proche du pouvoir, a ouvert ses ondes à des organisations qui sont très critiques envers le pouvoir et la justice burundaise.

Le silence des autorités politiques

Les journalistes burundais et les responsables des médias assurent qu’ils sont prêts à se battre, et jusqu’au bout. Ils prévoient des actions concrètes pour faire pression sur le pouvoir en vue d’obtenir la libération de ce confrère emprisonné injustement, expliquent-ils. Ils envisagent de boycotter les festivités du Cinquantenaire de l’indépendance du Burundi, prévues le 1er juillet. Si le pouvoir ne cède pas, ce pourrait être un gros coup.

Le contraste est saisissant entre d’un côté les réactions plutôt virulentes de la société civile et des médias, et de l’autre le silence radio observé jusqu’ici par le pouvoir burundais. Plusieurs responsables approchés par RFI se sont réfugiés derrière l’indépendance de la justice pour expliquer leur silence.

Le seul à parler a été le porte-parole de la Cour suprême et du ministère public au Burundi, qui jure que la justice a tranché en toute indépendance, sans convaincre grand monde.


Source : RFI

   

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