|
Sport:
Par J.J. Traoré Dans un monde de la petite reine où la moyenne du niveau d'instruction est "BAC moins ", Abdoul Rahamane, étudiant en médecine 7e année à l'Université de Ouagadougou, passe pour une curiosité. Ce jeune voue une passion pour le vélo. Dimanche 20 juillet 2008, Abdoul Rahamane est en lice au côté des 99 ténors du cyclisme burkinabè qualifiés pour courir le grand prix du Service national de développement (SND). Entre Rahamane et le vélo, c'est une histoire qui débute en 2003. "Alors que j'étais en 3e année de médecine, j'ai remporté une course cycliste à l'Université. Le Directeur technique national, Abdoulaye Tao, m'a demandé si je faisais du vélo dans un cadre organisé. Je lui dis non car je m'adonnais à ce sport à mes temps libres. Il m'a reçu plus tard dans son bureau, m'a fait cadeau de matériel de vélo et m'a incité à mieux m'engager". Mais il fallait attendre les week-ends et les congés pour que l'étudiant intensifie ses entraînements. Deux années après, l'ASFA va le démarcher. "Plusieurs personnes m'y ont encouragé. J'ai accepté. Cela m'a aidé à diversifier mes activités qui ne se limitent plus à l'Université et à l'hôpital", a-t-il lâché. Mais la vie en club est contraignante pour un étudiant. En plus, le vélo est éprouvant. Comment a-t-il pu concilier "la FAC" au cyclisme ? "J'appuie sur les pédales pendant les congés. Mais dès que les cours s'intensifient, je relâche". Mais le jeune ne se fait pas beaucoup d'illusions. "Dans l'avenir, je ferai toujours du vélo. Mais ce sera comme dans le vieux temps. Je ne me vois pas dans 3 ou 4 ans entrain toujours de prendre part à la compétition de l'élite. Mon boulot sera plus prenant". Décidément, le vélo ne veut plus le lâcher. Bien avant 2003, date de sa première et impressionnante victoire dans le cyclisme, il a été témoin d'un fait qui a modifié sa vie : " J'ai été témoin d'une chute lors d'une arrivée du tour du Faso à Bobo. La victime a reçu les soins sous mes yeux. C'est ainsi que j'ai été mordu par le virus du vélo. Dès que je suis rentré, j'ai dit à mon père que je voudrais faire du vélo. Il m'a dit que le prix du vélo était hors de sa portée. J'ai alors dit que dans ce cas, je ferai des études de médecine dans le souci de pouvoir être dans le futur au sein du peloton !" Promesse presque tenue. Il est doctorant avec comme thème de thèse: "les pathologies liées à la pratique du vélo". Dans sa position, qui plus que lui peut disserter sur la réalité des questions tel que le dopage dans le cyclisme burkinabè ? Mais lui-même n'est pas très précis. "J'entends parler. Je n'en ai pas encore vu. Peut-être que mon intégration ou mon initiation n'a pas encore été totale. Peut-être me cache-t-on les choses du fait que je sois "toubib". Mais je n'ai pas encore été témoin de dopage. Néanmoins, j'ai cette certitude que le dopage classique n'a pas droit de cité sous nos tropiques. Leur coût est exorbitant pour nous coureurs au petit moyen". Par contre, il est sans ambages sur "les manquements graves aux règles de l'hygiène de vie" de nos coureurs. "Il y a beaucoup de choses à faire à ce niveau pour que notre sport soit plus compétitif. J'ai pu mesurer la portée des choses lors de ma participation au sein de l'équipe soignante à la Boucle du coton passé. Il faut rectifier le tir" ! Coupe du Faso Transferts Cette saison, le football burkinabè a frappé fort.
Nous n'allons pas ressasser le coup des Etalons version Duarté
qu'on voudrait voir durer le plus longtemps possible. Mais une autre
percée a été réalisée dans le monde
sur le marché des transferts. Trois joueurs burkinabè
quittent le championnat national pour aller monnayer leurs talents
en Europe. Quel joli coup ! Issouf Ouattara, le seul local à
avoir les galons d'Etalon titulaire dans le groupe Duarté s'exile
vers le Portugal. Il intègre l'ancien club du coach des Etalons,
Leira. Sportivement, c'est une belle passe pour ce joueur de couloir
qui entame sa carrière par la D2. Il prendra ses marques, s'acclimatera
à un niveau relativement modéré avant de lorgner
le niveau premier. Le seul hic c'est que ce transfert va faire couler
beaucoup d'encre et de salive. Car notre confrère L'Observateur
paalga croit savoir que l'argent de transfert de Ouattara n'est pas
arrivé à sa destination initiale. Le journal a écrit
qu'un premier versement de 10 000 euros s'est volatilisé. Et
à l'EFO, l'heure des comptes aurait sonné. Affaire à
suivre. Par contre, le RCB n'a pas ce souci. Ce club a eu une entrée
d'argent frais dans ses caisses avec le double placement de Adama
Guiré et Issouf Sanou dans le championnat espagnol, précisément
en D2 dans le club Gava. Ce coup est plus brillant et net. Le RCB
aurait engrangé entre 25 000 et 30 000 euros. Incontestablement,
les présidents Tapsoba, Kassoum Traoré et Millogo vont
passer des vacances tranquilles. Et ce n'est pas tout, le contrat
ficelé a des lendemains meilleurs pour le club bobolais. Une
clause dispose que le RCB recevra 25% dans les prochains transferts
de ses éléments en Europe. Quant aux joueurs, la D2
espagnole ne pouvait pas mieux les convenir. Adama Guiré a
été à un doigt de faire la pire erreur de sa
vie. Il avait repoussé l'offre disant préférer
intégrer un club de D1 directement. Entre temps, il était
parti en Afrique du Sud où il devait s'engager. Mais finalement,
il est revenu sur ses pas pour parapher le contrat. Et dès
leur arrivée, le club leur à assurer un avenir serein
en Europe. En effet, ils y évolueront sous le statu de joueur
communautaire. L'étape de Gava n'est qu'un passage pour eux.
Le club souhaite les revendre le plus tôt possible. Vraiment
une bonne affaire pour le RCB !
| ||||
|
©
L'Evénement - Déc. 2001 | |||||