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Ces tombeaux roulants
On ne compte plus ces véhicules déglingués
qui font du transport de passagers sur les routes du Burkina. Prenez
n'importe quelle porte de sortie de la ville de Ouaga et faites le pointage
de ces épaves empruntées par certains Burkinabè
pour aller dans les contrées du pays profond. Eh bien ? ces véhicules
" sans fout la mort " font le plein en passagers et s'élancent
sur les routes en toute insouciance. On croyait que ce phénomène
était circonscrit à une catégorie de transporteurs.
Que non, à en croire cet expatrié qui vit dans notre pays
depuis plusieurs années pour qui nos routes n'ont plus de secret.
Lisez : "Il ya un an environ, trois compagnies se dotaient de cars
neufs. Empruntant à intervalles plus ou moins réguliers
les cars de Rakieta sur la ligne de Bobo, je vous livre, sans chronologie,
mes observations. Lors de mon premier périple, à l'arrêt
de Boromo, je constate par hasard que la carrosserie, à l'arrière
est fortement abîmée. Un mois plus tard, la carrosserie
n'était toujours pas faite. Occupant la première place
derrière le chauffeur, je remarque que celui-ci corrige sans
cesse la direction. Inhabituel sur un véhicule à direction
assistée. J'en fais la remarque au chauffeur qui me répond
poliment que c'est l'état de la route. Or la route Boromo-Bobo
est un billard. Autre voyage. Le car n'a pas de compteur de vitesse.
50 personnes lancées à quelle vitesse ? Autres avatars
: un bruit tic tac tic à la roue avant gauche. Ce bruit disparaît
à vitesse rapide et revient à allure lente. Dans un autre
véhicule, les rideaux sont pour la plupart détachés,
pendent telles des loques, les filets derrière les sièges
sont déchirés ou ont disparu, les poignées pendent
lamentablement. Les rétroviseurs latéraux extérieurs
semblent un point faible de l'industrie chinoise. Rakièta y remédie
avec force ruban SCOTCH !!!" La chasse aux cliniques privées pirates Sans blague. Ce ne sont pas les vendeurs et vendeuses de fruits et légumes et autres bana bana qui sont les champions de l'incivisme. Ces derniers jours, on apprend que même des personnes réputées au dessus de tout soupçon viennent d'être épinglées pour activités hors la loi. En effet, en lançant la troupe aux trousses des cliniques pirates, le ministre de la Santé, Seydou Bouda ne s'imaginait pas que son coup de pied dans la fourmilière allait donner des résultats aussi spectaculaires qu'inattendus. On apprend en effet que nombre de cliniques et établissements de soins qui avaient pignon sur rue étaient en fait des structures pirates, officiant sans autorisation. Il semble que dans ce jeu de cache cache avec la loi, d'éminents professeurs en médecine pratiquaient du travail au noir. Alors comment est-ce possible ça ? Il se murmure que les autorisations d'ouverture se font à la tête du client. Nous n'osons pas le croire. Alors, vivement que le ministre communique sur l'opération qu'il a diligentée et dont on souhaiterait connaître l'ampleur réelle, les tenants et les aboutissants. Il va tout de même de notre santé et on a le droit de savoir ! A quoi servent les services Jusqu'à quand on comprendra enfin que le droit
à l'information est sacré dans un Etat organisé
et plus encore dans un Etat qui se veut démocratique. Au Burkina,
ce droit ne vaut que sur du papier. Comment comprendre qu'aujourd'hui
encore l'accès à l'information publique continue à
se heurter aux considérations du genre : le ministre n'est pas
là, ou le directeur est absent. Malgré l'existence de
structures chargées de gérer l'information dans les services
publics et la directive du premier ministre sur la nécessité
de favoriser l'accès à l'information aux hommes de médias,
les choses ne sont pas plus aisées. Il faut se rendre à
l'évidence, certains responsables ont tout simplement décidé
de verrouiller l'information pour des raisons qui leur sont propres.
Devant une telle obstruction systématique à l'information,
il est grand temps de dénoncer cette pseudo liberté de
la presse qui oblige les hommes de média à recourir à
la stratégie de la connivence pour obtenir ce qui n'est en fait
qu'un droit! Les organisations de la liberté de la presse sont
une fois de plus interpellées.
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L'Evénement - Déc. 2001 | ||||||