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FOCUS
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Loropéni
Des pierres qui se vendent au prix du regard

Un pan du mur de Loropéni
Par Michaël Pacodi
La région du Sud-Ouest regorge de potentialités
touristiques dont les Ruines de Loropéni. En marge des activités
entrant dans le cadre de la commémoration du cinquantenaire
de l'indépendance du Burkina dans le Sud-Ouest, les invités
ont eu droit à une visite du site de Loropéni désormais
classé patrimoine mondial de l'Unesco.
La découverte des ruines de Loropéni
par le lieutenant Schwartz date de 1902. Mais depuis lors, ce site
n'avait pas de valeur aux yeux des personnes l'ayant découvert
et auprès des populations de la localité du Sud-Ouest.
Serait-ce par ignorance de sa valeur réelle ou par simple
mépris à son endroit. Ce site se trouve sur l'aire
du pays Lobi et rassemble des constructions en pierres abandonnées
par les occupants d'où le nom de " Ruines ". Il
se situe à 3 km de la ville de Loropéni, à
700 m au Nord de la route nationale n°11 qui mène de
Gaoua à Banfora. La 33ème session du comité
du patrimoine de l'UNESCO a consacré le site des Ruines de
Loropéni patrimoine mondial le 26 juin 2009 à Séville
en Espagne au titre du critère III. La visite guidée
du samedi 26 juin avec à la tête de la délégation
le Ministre de la Culture, du Tourisme et de la Communication, Filippe
Savadogo a permis de dérouler l'épisode de son existence
et les conditions dans lesquelles son inscription a été
possible.
Origine et spécificité des Ruines
De nombreuses versions existent pour expliquer l'origine des Ruines.
Une étude menée dans la localité révèle
que des traditions orales désignent les Koulango comme bâtisseurs
de forteresses de telles tailles au Burkina et en Côte d'Ivoire.
De récentes études par contre attribuent comme auteurs
de celles-ci les Lorhon et les Nabé qui ne seraient que les
ancêtres des Koulango. Les premières recherches archéologiques
sur les Ruines réalisées en 2008 font remonter les
plus anciens occupants du site à l'époque du XIème
siècle. La forme du monument est proche du carré dont
les côtés font 105 à 106 m abritant des compartiments
et des sous compartiments. Le monument a une emprise de 11 130 m²
et se caractérise par des constructions en moellons de latérite
spécifiques dont les murs atteignent jusqu'à 6 m de
haut et une épaisseur variable de 1,40 m à la base
à 20 cm au sommet.
Une documentation
quasi inexistante
Le ministre Filippe Savadogo a exhorté l'ensemble des invités
en cette occasion de commémoration du premier anniversaire
de l'inscription des Ruines au patrimoine mondial à relayer
l'information à travers des écrits pour témoigner
de son importance et pour susciter plus d'engouement à son
égard. Les révélations font état d'une
quasi absence de documents portant sur le site. Les premières
publications attestant de son existence émanent des troupes
militaires et de l'administration coloniale française. Certes,
d'autres écrits existent, mais ils ne font pas la révélation
exacte des bâtisseurs de ce patrimoine.

Une autre porte de sortie pour le Minsitre Philippe Sawadogo et
le gouverneur
La nécessité d'un entretien du site
Pour faire vivre le site et assurer sa durabilité, un certain
nombre de mesures devront être adoptées selon le Conservateur
des sites des Ruines de Loropéni, Lassina Simporé.
Il s'agit de revisiter l'ensemble des conduites à prendre
pour maintenir le site en bon état de conservation tout en
respectant les conditions d'authenticité et d'intégrité.
Depuis mars 2009, un programme de stabilisation a permis d'amoindrir
les risques encourus par le site. Il reste à présent
à mettre en place un programme fonctionnel permettant le
bon déroulement des visites tout en offrant à la population
du Sud-Ouest une occasion de booster le développement de
la région par la création d'activités génératrices
de revenus. La nécessité d'adopter des mesures urgentes
a été réaffirmée par le Dr Lassina Simporé
au cours d'un plaidoyer franc décliné dans l'amphithéâtre
de l'ENEP de Gaoua. Ce plaidoyer recommande notamment la mise à
disposition d'un fonds spécial pour le fonctionnement du
site, la construction de maisons pour les touristes, la formation
de guides touristiques, etc. Il importe, selon lui, que l'Etat définisse
clairement le statut du conservateur des Ruines de Loropéni,
ce qui permettrait à l'ensemble de son équipe de travailler
en toute sérénité pour la préservation
du patrimoine et afin d'éviter le déclassement du
site par l'UNESCO.
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Union sacrée autour
de la sécurisation foncière
La FAO, le GRAF, le GRET et la SNV : le carré gagnant
Une vue des organisateurs lors du point de presse
C'est une contribution volontaire mais dont les conclusions
sans doute feront tâche d'huile en matière de
gestion foncière. Le Fonds des Nations Unies pour l'Alimentation
et l'Agriculture (FAO) en partenariat avec trois structures
volontaristes dans le domaine du foncier ont eu une rencontre
de travail à Ouagadougou les 22, 23 et 24 juin derniers.
Pendant ces trois jours, le Groupe de Recherche et d'Action
sur le Foncier (GRAF), le Groupe de Recherche et d'Echanges
Technologiques (GRET) et l'Organisation Néerlandaise
de Développement (SNV) ont avec la FAO planché
sur l'élaboration de "Directives Volontaires sur
la gouvernance responsable de la tenure des terres et des
autres ressources naturelles.". Une cérémonie
solennelle qui consacrait l'ouverture des travaux a eu lieu
le 22 juin en présence des différents acteurs
associés que sont les décideurs politiques,
des professionnels du privé et du public, des universitaires
et des organisations de la société civile. L'initiative
d'une telle rencontre est justifiée dans les propos
de François Rosolo, représentant de la FAO au
Burkina qui déclarait lors de la cérémonie
: "la gouvernance foncière aide à mieux
gérer nos ressources, elle renforce surtout nos conditions
de vie et améliore le développement économique
Par contre, une mauvaise gouvernance de la tenure des terres
et des autres ressources naturelles compromet la stabilité
sociale, l'investissement, la croissance économique
et la gestion de l'environnement
".
L'initiative de la FAO est saluée par ses partenaires,
le consortium GRAF-GRET-SNV, dont le porte parole Alain Bagré,
président du GRAF, indiquait avec optimisme que les
réflexions structurées qui sortiront des travaux
constitueront "incontestablement des sources d'inspiration
pour alimenter les processus d'élaboration ou d'amélioration
des politiques et des gouvernances foncières".
Les travaux se sont déroulés en plénière
et en ateliers durant les deux premiers jours. Et plusieurs
thèmes ont fait l'objet de présentation, de
débat et de travaux de groupes. Il s'agit entre autres
: "Gouvernance foncière et ressources naturelles
en Afrique de l'Ouest/ en Afrique Centrale", "Cadre
et principes directeurs sur les politiques foncières
en Afrique : relation avec la question de la gouvernance"
, "Administration, fiscalité et marchés
fonciers", "Importance et rôle du foncier
dans le processus d'intégration régionale et
le développement rural en Afrique de l'Ouest"
; etc. Après deux jours de travaux, les organisateurs
(FAO et Consortium GRAF-GRET-SNV) ont animé un point
de presse à l'hôtel Indépendance où
se sont déroulés les travaux. Au cours de cet
échange avec les journalistes, en attendant les conclusions,
les organisateurs affichaient satisfaction et espoirs. L'espoir
que tous les acteurs, notamment les décideurs politiques,
s'approprieront les conclusions de ces directives volontaires
-en dépit de l'absence de toute contrainte- pour améliorer
la gestion foncière dans la zone concernée (Afrique
occidentale, Afrique centrale et Madagascar). La rencontre
de Ouagadougou est une étape d'une série de
rencontres qui a commencé depuis 2009 sous l'initiative
de la FAO. Les concertations se poursuivront tout le long
de cette année dans d'autres parties du monde.
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