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Etalons, continuons
à rêver
Les Burkinabè savent se passionner pour les causes qui
les intéressent. Le dernier match Etalons/Eléphants
l'a éloquemment démontré. De tous le pays
a déferlé une horde de supporteurs qui n'a pas compté
pour s'acheter des tickets d'entrée vendus 20 fois leur
prix initial. C'est connu, quand on aime, on ne compte pas. C'est
vrai que le parcours de nos représentants, ces derniers
mois, avait de quoi illusionner. Une succession de victoires avec
des équipes qui autrefois faisaient de nous une bouchée.
Mais n'est-ce pas aussi que nous n'avions pas croisé des
équipes d'une stature certaine? Comme le football est une
folle passion, personne apparemment ne veut accepter une analyse
lucide de la défaite du samedi 20 juin dernier. On se plait
dans "nos garçons n'ont pas démérité",
comme si l'objectif à ce niveau de la compétition
c'était de ne pas "démériter".
Une équipe à ce niveau, quand elle est vaincue,
a forcément démérité. Il faut être
logique, il n'y a pas de mérite dans une défaite
qui emporte la qualification. Pour le mondial 2010, la défaite
du samedi 20 juin met nos chances de qualification en pointillé.
Pour ne pas dire plus. Il nous reste toujours une possibilité
pour la CAN. Ce n'est pas un maigre lot de consolation au regard
du nombre de CAN dont nous avons été privés.
Mais acceptons quand même une analyse lucide de la défaite
contre les Eléphants. Au regard de l'ensemble du match,
il y a une nette impression que les Ivoiriens n'ont pas eu à
forcer leur talent pour remporter la victoire. Nos garçons
qui n'ont pas su dépasser leur peur ont aidé les
Ivoiriens à vaincre. Il faut voir les buts encaissés.
Ces genres de buts sont caractéristiques d'un certain niveau
de football. Des défenses non professionnelles qui se liquéfient
à la moindre intrusion des attaquants, surtout quand ils
s'appellent Drogba ou Baki Koné. Et le plus caractéristique
de ce niveau de football, c'est l'incapacité à se
ressaisir rapidement après un coup dur. Au deuxième
but, nos garçons ont eu plus d'un quart heure de passage
à vide. Un temps largement suffisant pour une équipe
comme celle de Côte d'Ivoire pour assener le coup de grâce.
Nous avons eu la baraka si cela ne s'est pas produit. Mais c'était
dans l'ordre du possible.
Evidemment que nous avons des individualités de génie.
Un garçon comme Bansé est prometteur, Dagano n'est
peut-être pas fini, cependant pour une compétition
de ce niveau, c'est plutôt des joueurs à la Drogba
ou à la Baki Koné qu'il faut, capables en toute
circonstance de marquer ou de faire marquer. Notre Dagano n'a
pas montré qu'il était de cette trempe là.
"Il a été muselé", n'ont cessé
de nous répéter les chroniqueurs de la TNB. Alors
s'il est encore "muselable", sans contrepartie sur le
jeu, en faveur de ses coéquipiers, c'est qu'il lui reste
du chemin à faire. Les grands joueurs ont ceci de charmant
qu'ils sont dans toutes les positions un danger pour l'équipe
adverse. Quand vous affectez trois joueurs pour neutraliser Drogba,
vous ouvrez des boulevards pour les autres attaquants ivoiriens.
C'est ça un grand joueur. Or il n'a pas fallu autant de
moyens humains pour "éteindre" Dagano.
Il y a donc du travail à faire. Et il faut le faire dès
à présent, sinon on ira à la CAN prochaine
pour ne pas dépasser les 8e de final. Ce que nous avons
toujours fait exception de 1998. Alors acceptons que si les nôtres
n'ont pas été ridicules face aux Ivoiriens, ils
ont quand même totalement démérités.
Et puis de grâce, le vieux Noufou pourrait nous épargner
ces spectacles de long chapelet au stade. Le jeu et Dieu, ça
fait deux. Il ne faut pas les mélanger. De toute façon,
s'il faut l'argent pour acheter "la divine miséricorde",
il n'y a pas match entre nous et la Côte d'Ivoire. Etalons
bonne chance pour la suite dans la lucidité.
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