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DOSSIER
- POLITIQUE
FEDAP/CDP
La course à l'opinion a commencé
 
Roch, Président du CDP et François Compaoré,
patron de la FEDAP/BC
Par Newton Ahmed Barry
Les deux coépouses du régime
font leur marché de l'opinion. La FEDAP a-t-elle à
peine annoncé 150 tonnes de maïs que le CDP se
signale aussi avec un " petit " 14 tonnes. Les deux
ne jouent pas apparemment dans la même catégorie,
mais au moins, les populations se souviendront que chacun
a pensé à elles au moment difficile de la soudure.
Le marquage politique semble avoir bel et bien démarré
entre ces deux caïmans de la globosphère Compaoré.
C'est un confrère qui avait ironisé sur cette
compétition sourdine qui a de plus en plus de mal à
se cacher entre la FEDAP/BC, l'organisation apolitique née
pour soutenir un homme politique et le CDP totalement politique
qui ne vit que pour le même homme. Les deux organisations
avaient au même moment tenu chacune une réunion
à son siège. Constat du confrère. Du
côté du CDP, il y avait beaucoup plus de mobylettes,
tandis que de l'autre côté, à la FEDAP/PC,
c'était la foire à la plus belle bagnole. C'était
à qui conduirait la plus rutilante. Dans les résultats
aussi, la différence est nette. Au moment où
la FEDAP propose 150 tonnes de maïs à distribuer,
le CDP caracole avec 15 petites tonnes. Comme on le voit,
ce n'est plus le CDP qui a la palme des feuilles. L'époque
de "mouille ni kam youa
" de Simon Compaoré
est en train de passer de mode. Ou du moins la fortune est
en train de changer de camp.
Un des soutiens de la FEDAP/BC, Barro Djanguinaba, pour ne
pas le nommer, a instruit ses partisans de faire mieux pour
la nouvelle organisation qu'ils ne le faisaient jusque-là
pour le CDP. On s'imagine que tous les autres opérateurs
économiques importants ont donné la même
consigne. Alors, au CDP actuellement, le menu, c'est "chiens
enragés". Les principaux opérateurs économiques
et même les non principaux, chacun préfère
pisser au bassinet de la FEDAP/BC que de continuer à
alimenter le panier percé du CDP.
Le coup de massue de la révocation brutale de Salif
Diallo du gouvernement, en mars dernier, et l'espèce
de chasse à ses partisans qui semble s'être enclenchée
dans l'administration et dans certaines institutions qui comptent
de la place n'est pas faite pour arranger les affaires du
CDP.
Dans un environnement de rareté (des finances), ses
responsables et ses quelques affidés refusent de se
laisser conduire à l'abattoir sans se débattre.
Ils essayent donc, comme ils peuvent, de donner le change
à ce machin qui n'a pas encore décidé
de prendre sa couleur définitive. Comme les temps changent
donc ! Il y a peu, c'est lui le CDP qui cristallisait toutes
les rancoeurs des grèves la dalle de l'opposition.
Maintenant, il semble bien que la puissance financière
est en train de lui faire de l'infidélité.
Il ne lui reste plus que l'occupation administrative et politique.
Mais pour combien de temps encore ? Il y a deux échéances
qui sont attendues avec hantise au CDP. Le remaniement gouvernemental
à venir. Si les pronostics s'avèrent exacts,
les plus estampillés "CDP" devraient faire
place nette aux têtes de turc "FEDAPISTES".
Au même moment, dans les sphères stratégiques
de l'Etat et de l'administration, le toilettage aura été
accompli. Si comme il se chuchote de plus en plus à
haute voix, si le secrétaire général
du ministère de l'Administration territoriale a été
dégommé pour avoir osé une remarque sur
le statut juridique exact d'une association comme la FEDAP/BC,
alors c'est un avertissement sans frais pour la cohorte des
partisans.
La bataille à fleuret moucheté entre le CDP
et la FEDAP va se poursuivre, même si les partisans
du CDP sont de plus en plus nombreux à ne plus croire
à un avenir dans le parti. Beaucoup d'ailleurs commencent
à se faire très discrets, quand ils ne cherchent
pas toutes les occasions pour faire allégeance.
Ce mois d'août ne sera pas de tout repos. Contrairement
aux années antérieures, il y a fort à
parier que peu de ministres et de responsables importants
s'éloigneront de Ouagadougou ou de la Turquie où
le président est supposé déposer ses
pénates dès la semaine prochaine. Si le président
a consenti de laisser chacun aller en vacances avant le remaniement,
ce n'est pas sûr qu'il rende service à leurs
nerfs. L'incertitude ne dispose pas à de vacances paisibles.
C'est pourquoi du reste, nous avions titré la semaine
dernière, à propos de ce remaniement, qu'il
s'agissait en vérité de "vacances soucieuses".
En définitive, la bonne leçon dans ce bras de
fer FEDAP/CDP qui voit le second en perte de vitesse, c'est
que dans la vie là, rien n'est immuable
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Election
à la présidence du Faso
Le CDP pour la suppression de la visite médicale
?
Le débat est actuellement engagé sur
les reformes institutionnelles et politiques du Burkina.
Un travail parlementaire a été rendu public
sur la question et concerne divers domaines, dont celui
portant conditions d'élection à la présidence
du Faso. Sur ce sujet justement, le Congrès pour
la démocratie et le progrès (CDP, le parti
présidentiel) a fait une recommandation surprenante.
Le parti recommande de faire l'économie de la
visite médicale pour les candidats à la
présidentielle.
Une décision incompréhensible, au regard
de la position antérieure même du parti,
qui sur cette question, s'était prononcé
pour qu'on rende "obligatoire la visite médicale".
A sa session extraordinaire du 26 juillet dernier, et
dans un texte confidentiel, qui est tombé entre
les mains de L'Evénement, le bureau politique
national (BPN) fait un virage de 180 degré en
précisant avec force, les parties du texte sont
soulignées en gras, qu'il faudra pour les conditions
d'élections à la présidence du
Faso "faire l'économie de la visite médicale".
Qu'est-ce qui a pu bien se passer entre les délibérations
de la session de juin, le 21 juin précisément,
et celle toute récente de juillet, pour que le
CDP change ainsi du tout au tout ? Si cette disposition
devait être retenue, à l'issue du toilettage
en cours du code électoral, la fonction de président
du Faso serait alors la seule où l'on postulerait
sans visite médicale. Pour un simple poste dans
l'administration publique, on exige des postulants une
visite et une contre visite. C'est vrai que c'est une
simple formalité, mais elle existe quand même.
Si à ce niveau déjà, on exige du
citoyen, qu'il montre patte blanche, du point de vue
de la santé, à occuper la fonction souhaitée,
ce serait vraiment le comble que l'on n'exige pas des
candidats à la présidentielle de montrer
qu'ils ont une santé qui leur permet de conduire
les destinées de toute une nation.
Cette reforme pourrait évidemment passer, puisque
le CDP est largement majoritaire. Elle restera malgré
tout de circonstance. Elle pourrait prévaloir
pour la présidentielle de 2010, mais on ne voit
pas comment une telle disposition pourrait tenir sur
la durée.
En même temps, quelque part, elle ravive les rumeurs
sur la santé des éventuels postulants
à la présidence du Faso du côté
du CDP. Si le parti présidentiel recommande en
express cette suppression de la visite médicale,
c'est qu'il craint que son candidat putatif ne franchisse
pas cette épreuve. Même si en la matière,
c'est comme la disposition sur la déclaration
des biens avant l'entrée en fonction. Il suffira
au candidat putatif du CDP de présenter une simple
enveloppe scellée. Qui osera la déchirer
pour voir ce qu'il y a là dedans ?
C'est en tout cas une disposition anachronique, si elle
devait être validée par les députés
à l'Assemblée nationale
Newton Ahmed Barry
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