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Contre-jour

Une pelouse blanche au stade Naba Bongo de Tanghin
Fédération des PME: Une charte nationale des MPME voit le jour
Congrès extraordinaire du PAREN: Tahirou Barry, nouveau président du parti
Mutilations génitales féminines: La société civile s'active pour 2015

Une pelouse blanche au stade Naba Bongo de Tanghin


Certains auraient parié sur l'utopie d'une fusion entre simples musulmans et musulmans soufis pour célébrer en différé la fête du mouloud. Cette possibilité offerte par le Cheick Soufi Moaz marque une étape de symbiose entre deux congrégations musulmanes qui, de par le passé, semblaient trouvé quelque chose à dire pour justifier leur différence. La nuit du 28 au 29 juin 2010 au stade Naba Baongo de Tanghin, la pelouse a changé de couleur eu égard aux nombreux musulmans vêtus en majorité de blanc qui ont investi les lieux pour répondre à l'appel d'union lancé par la Cheich Soufi Moaz. Cette soirée a été une opportunité pour beaucoup d'accueillir le Cheick Soufi Bilal, maître de Cheick Soufi Moaz dont la renommée a fait le tour des grandes villes africaines et européennes. L'ensemble des communications ont porté sur le respect d'autrui, les qualités d'un bon croyant, la crainte de Dieu et la soumission totale à lui. Cette commémoration de la naissance du Saint Prophète est une manière de rendre hommage à Allah pour sa miséricorde envers les hommes en leur envoyant le prophète Mahomet pour leur montrer la voie à suivre. Pour le Cheick Soufi Moaz, elle ne signifie donc "pas un nouveau baptême que Allah donne au prophète mais plutôt un devoir de reconnaissance". L'ensemble des Cheick de la sous région et du Burkina présents à ce jour ont témoigné leur amour envers le prophète et ont saisi l'occasion pour prier en faveur de leurs pays, de leurs dirigeants et de l'humanité toute entière. Les soufis sont des musulmans qui se distinguent des autres par la longueur de leur chevelure sous forme de dread locke avec une barbe longue. Malgré cela, ils sont des hommes comme tous les autres. Et pour répondre à ceux qui pensent le contraire, le cheick soufi Bilal du Mali précise que "ce n'est pas l'apparence physique que Dieu regarde mais plutôt il sonde le cœur de l'homme, les longs cheveux ne sont donc par un signe d'impureté selon Allah". La cérémonie qui a pris fin au petit matin du 29 juin s'inscrit en ligne droite avec les activités entreprises par la communauté spirituelle musulmane des Soufis du Burkina notamment des prêches, des conférences. Ce qui d'ailleurs a permis la conversion en l'islam de plus de trois cent personnes. Le cheick soufi Moaz a réaffirmé sa fidélité à son maître le cheick soufi Bilal à qui il a promis de servir la cause du prophète.

Michaël Pacodi
pacomik@yahoo.fr



La CENI redevable à des prestataires

Des opérateurs de remplissage attendent toujours de passer à la caisse de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). L'institution en charge des élections avait recruté pour un contrat déterminé un personnel chargé de reporter sur des fiches d'électeurs, les inscrits du récent recensement, en vue de la confection des cartes d'électeurs. Le travail qui avait débuté le 26 avril n'est pas arrivé à terme. Le contrat a été interrompu suite à une journée d'interruption de travail. Les opérateurs protestaient contre une promesse d'une avance de rémunération non tenue du président de la CENI. Les opérateurs de remplissage estimant que la paie de cette avance a été plusieurs fois annoncée sans avoir lieu, ils ont observé la journée de protestation le jeudi 21 mai. Aussitôt dès le lendemain 22 mai, le cordon de la bourse a été déliée et chaque opérateur (ils étaient environ 800) a reçu une avance de 42 000 FCFA. Incident pour incident, le Président de la Commission signifiait par la même occasion à ses contractuels que leur geste mettait un terme au contrat et ces derniers n'ont pu que prendre acte. Il restait cependant à la CENI le reliquat de 147 000 Fcfa à solder. Le 31 mai, les opérateurs ont reçu 100 000 Fcfa chacun et depuis, plus rien. Selon la CENI, le paiement du reliquat de 47 000Fcfa devrait être annoncée par voix de presse et les intéressés attendent toujours. Depuis le mois de mai, les contractuels se sont plaints de leur employeur mais la CENI continuerait à jouer à l'intraitable.
BO

Fédération des PME
Une charte nationale des MPME voit le jour



L'insuffisance de synergies d'action entre les structures d'appui aux Micros, Petites et Moyennes Entreprises et l'absence d'un outil juridique et institutionnel spécifique aux PME a sonné l'urgence de la rédaction d'une charte sur laquelle s'appuieront désormais les entreprises. Un atelier de validation de ladite charte a réunie plusieurs représentants des départements ministériels, des associations professionnelles sectorielles des PME, des institutions nationales, sous-régionale, régionales et internationales à la maison de l'entreprise les 6 et 7 juillet 2010. Dans son allocution, Mathias Tenkodogo Somé, directeur par intérim de la Direction Générale du Développement Industriel a fait un bref historique de la charte. En rappel, celle-ci fait suite à une recommandation d'une étude sur "les incitants et blocages à la promotion des PME dans l'espace UEMOA" en 2005, qu'un programme d'actions pour la Promotion et le Financement des PME (PAPFPME) a été mis en place par la commission de l'UEMOA. La charte nationale des PME est complétée par une charte communautaire. A l'issue des travaux, une définition claire et précise de la PME a pu être rédigée permettant ainsi de résoudre les problèmes de confusion existant auparavant. La notion de MPME inclut dans la présente charte celle de MPMI (Micros, Petites et Moyennes Industries). Désormais, la Petite et Moyenne entreprise se définit comme toute personne physique ou morale, productrice de biens et/ou de services marchands, immatriculée au registre du commerce ou tout autre registre, totalement autonome, dont l'effectif ne dépasse pas 200 employés permanents et dont le chiffre d'affaires annuel est inférieur ou égal à 1 milliard de F CFA avec un niveau d'investissement inférieur ou égal à 250 millions de francs CFA et tenir une comptabilité régulière. La moyenne entreprise est définie comme une entreprise qui emploie en permanence moins de 200 personnes et qui réalise un chiffre d'affaires hors taxes supérieur à 150 000 000 de FCFA et inférieur ou égal à un milliard avec un niveau d'investissement inférieur ou égal à 250 000 000 de FCFA. Elle tient une comptabilité selon le système normal en vigueur dans l'espace UEMOA. Lorsqu'une entreprise réalise un chiffre d'affaires supérieur à un milliard de FCFA, indépendamment du nombre d'emplois, elle n'est plus considérée comme une PME mais une grande entreprise. Le président de la Fédération nationale des PME, Koanda Allassane, a exhorté les participants à faire bon usage de la charte qui contribuera à renforcer la croissance économique et la création d'emplois.

Michaêl Pacodi
pacomik@yahoo.fr

 

Congrès extraordinaire du PAREN
Tahirou Barry, nouveau président du parti

Les militants du Parti pour la renaissance nationale (PAREN) étaient réunis en congrès extraordinaire les 26 et 27 juin dernier. Les congressistes ont passé en revue des sujets internes et externes à la vie du parti. Deux décisions importantes ont été prises au cours de ce congrès. Jeanne Traoré a cédé le poste de président du parti à Tahirou Barry. Le fondateur du parti, Laurent Bado, a été désigné comme candidat du parti à la présidentielle de novembre prochain. Jeanne Traoré qui quitte ainsi la tête du parti après deux ans d'exercice a remercié les militants pour l'ensemble de soutiens dont elle a bénéficié durant son mandat. Le fondateur du parti a indiqué que ce changement obéit à l'esprit d'alternance du Paren. D'autres part, Laurent Bado pense que ce changement de commandement va redynamiser son parti. Tahirou Barry prend la tête de ce parti avec de grandes ambitions. Certes, ce ne sera pas une rupture, mais l'heure est au renforcement des actions du parti. L'homme veut "rallumer la flamme militante" au sein du parti. Pour lui, la modestie des moyens ne doit plus être une excuse pour ne pas défendre les causes nobles. Il a déclaré qu'"il n'est pas normal que notre parti bâti autour d'un projet salutaire pour tout reste aphone et atone dans l'animation de la vie politique nationale". La réussite d'une telle ambition passe nécessairement par une organisation forte et crédible du parti. Il compte y arriver en mettant "l'homme qu'il faut à la place qu'il faut".
Les participants ont aussi relu les textes fondamentaux du parti pour mieux les adapter au contexte du moment. Outre le renouvellement du bureau, le parti a également changé les conseils régionaux, dans la perspective de l'élection présidentielle. En ce qui concerne l'organisation de cette présidentielle, le nouveau président a averti la Ceni que son parti n'acceptera pas une mascarade électorale. Le parti a fait savoir qu'il ne participera pas à la présidentielle de novembre prochain à n'importe quel prix. Tahirou Barry a relevé que "l'horizon de l'élection présidentielle reste brumeux malgré quelques éclaircis".

Abdoul Razac Napon

 

Lutte contre les mutilations génitales féminines
La société civile s'active pour 2015

Les membres du Réseau droits Humains /Mutilations Génitales Féminines étaient en formation sur les droits humains, les mutilations génitales féminines et la santé de la reproduction, du 5 au 9 juillet dernier à Ouagadougou. L'atelier de formation avait pour but de contribuer au renforcement des compétences des membres du réseau sur les sujets abordés. La question de la santé de la reproduction, ses connexions avec les mutilations génitales féminines et surtout les droits humains ont constitué les principales préoccupations sur lesquelles les participants se sont beaucoup appesantis.
Le réseau droits humains/ mutilations génitales est une initiative du comité nationale de lutte contre l'excision et de la coalition burkinabè des droits de la femme. Ce réseau a pour mission de promouvoir l'abandon de l'excision. Il regroupe 18 organisations de la société civile. Selon les organisateurs, cet atelier s'inscrit dans le plan d'activité arrêté en 2009 par le réseau. Ce plan d'activité s'articule autour de trois principaux thèmes qui sont le renforcement des capacités des membres, la promotion de l'abandon de l'excision basée sur les droits humains et la recherche-suivi-évaluation.
A la cérémonie d'ouverture, la présidente du réseau et coordonnatrice de la coalition burkinabè pour les droits de la femme, Elisabeth Kaboré, a placé beaucoup d'espoir en cette formation. Elle croit que cette formation peut booster la lutte pour l'abandon de l'excision. Elle est convaincue que les participants, mieux outillés, contribueront à l'atteinte des objectifs fixés par l'agenda de la tolérance zéro à la mutilation génitale féminine.
Le représentant du secrétaire permanent du comité national de lutte contre l'excision, Ibrahim Tall, a exhorté les membres du réseau à s'investir davantage dans la lutte contre cette pratique. Pour lui, les participants seront mis à contribution dans la formation de tous les membres du réseau. Ils seront "des relais dans la formation des relais du réseau".
Selon le comité national de lutte contre l'excision, la pratique de l'excision au Burkina est toujours une préoccupation au regard de son ampleur en dépit des campagnes de lutte. Dans le rapport du comité, on constate toujours une persistance des mutilations génitales féminines, et un rabaissement de l'âge des victimes de l'excision. Mais ce qui est encore curieux, c'est l'application timide de la loi contre la pratique de l'excision. Les praticiens du droit ont été interpellés à ce sujet.
Le comité a pu relevé qu'il y a une méconnaissance même des liens entre les droits de la jeune fille et l'excision d'une part et les conséquences des mutilations génitales et les sanctions prévues par la loi d'autre part. Le comité national de lutte contre l'excision ainsi que le réseau pense que l'inaccessibilité à l'information des populations sur les mutilations génitales constitue également un handicap à la promotion de l'abandon de l'excision.

Abdoul Razac Napon


 

© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 15 Juillet 2010