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Contre-jour

La FIDH scandalisée par les conditions de détentions à la MACO
Pétition Norbert Zongo : 20 000 signatures
Kourittenga : Des litres d'urines charment des maraîchers
Un Centre pour l'éthique judiciaire

Droits de l'Homme
La FIDH scandalisée par les conditions de détentions à la MACO

Souhayr Belhassen, la présidente de la FIDH

L'insalubrité, la promiscuité et la sous alimentation sont le lot que vivent les prisonniers de la Maison d'arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO). La nouvelle présidente de la Fédération internationale de droits humains (FIDH), la Tunisienne Souhayr Belhassen est allée constater cette horreur à la MACO et s'est dit scandalisée par ces conditions exécrables de détention. C'était lors d'un point de presse le 27 février dernier tenu dans les locaux du Mouvement burkinabè des droits de l'homme et des peuples (MBDHP). Elle a dit avoir fait part au Président du Faso, de ce qu'elle a constaté à la MACO. Celui-ci a promis veiller personnellement à ce que cette situation change. Actuellement, dans le bloc central de la prison de Ouagadougou, les détenus sont au nombre de 1600 à y séjourner, pour une capacité d'accueil de 400 détenus. Une infrastructure de 400 places serait en projet, mais le constat est que ce bloc ne peut combler l'attente des locataires de la MACO. Il a été question aussi, lors de l'entretien avec le Président Blaise Compaoré, de la suppression de la peine de mort. Sur ce point, le président du Faso aurait rassuré Mme Belhassen qu'un projet de loi est déposé à l'Assemblée nationale et n'attend que l'approbation des élus du peuple. La responsable de la FIDH a exhorté les autorités burkinabè à s'inscrire dans la logique de la Cour pénale internationale qui a proscrit la peine capitale. Les tueries de Piéla et de Boulporé se sont invitées dans l'entretien qu'elle a eu avec le premier responsable de l'exécutif burkinabè. Sur ce plan également, promesse a été faite par le chef de l'Etat que des mécanismes seront mis en place pour éviter désormais de tels désagréments. Le ministre de la Sécurité a indiqué qu'une loi sur la grande criminalité est en cours d'élaboration. Mais la présidente de la FIDH a été catégorique : "que cette loi ne soit pas un glissement vers l'autoritarisme." Pendant son entrevue avec Blaise Compaoré, il a été aussi question de l'affaire Norbert Zongo. Sur ce sujet, le Président aurait donné l'assurance que le dossier peut être ré-ouvert s'il y a du nouveau. Pour le président du (MBDHP), présent à la conférence de presse, on ne peut polémiquer avec un président, sinon estime-t-il, il y a eu de nouveaux éléments et d'invoquer la déposition de Moïse Ouedraogo et les éléments apportés par RSF. Seulement, la volonté de rendre justice n'a pas suivi. Souhayr Belhassen a rencontré également les partis politiques de l'opposition et quelques structures de la société civile. Lors des échanges, il a été question des irrégularités pendant les élections et la nécessité d'établir des cartes d'identité nécessaires à la confection de listes fiables. Parce qu'avec les multiples documents, c'est la porte ouverte à la fraude. Le Président du Faso qui est le médiateur dans la sous région et qui a fait des recommandations dans le but de permettre des élections fiables dans certains pays aurait promis d'en faire de même dans son pays. Le MBDHP, par la voix de son président, Chrysogone Zougmoré, est revenu sur les menaces de mort à l'encontre des journalistes et a déclaré être solidaire avec ces hommes de presse. La structure locale de défense des droits de l'homme n'entend pas laisser l'impunité reprendre du poil de la bête.

Merneptah Noufou Zougmoré

 

Pétition Norbert Zongo: 20 000 signatures


Une pétition interpellative avait été lancée le 20 octobre 2008 par le Centre national de presse/ Norbert Zongo (CNP/NZ) à l'occasion de la Journée nationale de la presse. Elle avait pour objectif d'interpeller le Président du Faso sur le dossier de l'assassinat du journaliste Norbert Zongo après le non lieu prononcé le 18 juillet 2007 par le juge d'instruction. Le comité de pilotage du Centre a saisi l'occasion du FESPACO pour faire le point de la pétition. C'était lors d'une rencontre avec les médias nationaux et internationaux le 4 mars dernier au CNP/NZ. Selon le président du comité de pilotage, Justin Coulibaly, la pétition a un fondement constitutionnel même si dans le cas d'espèce, elle n'a pas une valeur juridique. Près de 20 000 signatures ont été recueillies, mais les initiateurs disent avoir déposé à la présidence 15000 qui est la norme à atteindre, selon la loi. Les plis ont été déposés avec un cahier de transmission à la présidence le 25 février à 15heures 30mn, a indiqué le gestionnaire du Centre de presse, Abdoulaye Diallo. 10 ans de mobilisation pour exiger justice et vérité dans cette affaire qui continue de défrayer la chronique, c'est un record et les responsables du Centre qui porte le nom du directeur de L'Indépendant disent ne pas être prêt à lâcher. A La question de savoir s'il n'y a pas eu d'intimidation lors de la campagne pour la pétition, M. Diallo avoue qu'ils ont mené leurs activités sans la moindre pression sauf que des médias comme la télévision nationale, Sidwaya ont respectivement refusé de passer les spots de la pétition, et les insertions. Quand aux médias privés, ils ont joué leur partition en relayant le message. Les deux avocats du dossier Norbert Zongo, Me Bénéwendé Stanislas Sankara et Prosper Farama se sont entretenus avec l'assistance sur l'évolution du dossier. Me Sankara, quant à lui, n'a pas exclu la piste des juridictions internationales, mais le gros du travail, a-t-il indiqué, revient au peuple burkinabè. Pour l'avocat, il n'y a pas d'issue, tant que le peuple ne maintient pas la pression. En ce qui concerne les éléments nouveaux que le procureur Abdoulaye Barry invoque pour une éventuelle réouverture du dossier, Me Sankara a rappelé le témoignage de Moise Ouédraogo et sa déposition au parquet. Mais rien n'y fit. Pour les deux avocats, les choses dépendent du désir du procureur Barry et de ceux qui tirent les ficelles en bas.

Merneptah Noufou Zougmoré


Femina FM, la fréquence au féminin de Ouaga
Une nouvelle radio émet depuis le 31 octobre 2008 dans la ville de Ouagadougou sur la fréquence 102.8. Elle couvre un rayon de 70 km. Ses promotrices, les sœurs jumelles Salembéré (Evelyne et Carine), filles de Alimata Salembéré, ex-ministre de la Culture, évoluent dans le domaine de la communication. Comme les femmes n'auraient pas toutes leur place dans les programmes des radios de la place, Femina FM, avec ses émissions traitant des thèmes spécifiques aux femmes, vient remédier à cette anomalie, selon la directrice générale, Annick Ayina. Une bonne place est accordée aux émissions interactives, sur les thématiques tels les doits des femmes, l'accès à l'éducation, la santé de la mère et de l'enfant, l'hygiène etc.
Femina FM se veut être une radio de proximité. Pour le moment, elle diffuse principalement en français. Mais il y a également les langues nationales comme le moré, le dioula, le fulfuldé et le gourmatchéma. Selon la directrice, cette diversité linguistique permet de toucher au-delà des citadins pour embrasser les populations des quartiers périphériques et des localités proches de la capitale où la langue de Molière est très peu pratiquée.
Pour faire genre, la composition du personnel respecte presque la parité (60% des femmes et 40% d'hommes). Ce qui serait exceptionnel dans le paysage médiatique burkinabè où la balance pèse fortement en faveur du sexe masculin. Ce n'est pas pou autant que la radio va verser dans le féminisme, selon ses promotrices. Elle se veut simplement le canal privilégié d'expression pour les femmes et de "ceux qui les aiment".
La cérémonie du lancement du 4 mars dernier a eu lieu sous la présidence de Béatrice Damiba, présidente du Conseil supérieur de la communication (CSC). Elle était en compagnie de la marraine Mafarma Sanogo, directrice de cabinet du Médiateur du Faso et de l'ex-secrétaire générale du ministère de tutelle, Aminata Ouédraogo. Chacune a invité les animateurs et animatrices à faire de la radio un outil et un compagnon pour la femme et l'homme dans leur cheminement quotidien.

Idrissa Barry

 

Kourittenga
Des litres d'urines charment des maraîchers

Depuis le 15 janvier 2009, le projet d'amélioration de la productivité agricole par l'utilisation des excréta humains hygienisés comme fertilisants dans 30 villages du Kourittenga (Ecosan_UE2) a entrepris des activités d'expérimentation des fertilisants Ecosan sur les cultures maraîchères dans quatre sites pilotes de sa zone d'intervention.
Réalisé par l'ONG "Iles de Paix" en 2006, le site maraîcher de Payidin est situé dans le village Koulwoko. Il accueille actuellement un groupement de 41 producteurs dont 20 femmes et 21 hommes. Il est 8H 15 en cette matinée de mercredi 25 février 2009 sur ce site. Sayouba Sana est le président de cette association. Lui et les membres de son groupement exploitent de façon communautaire quelques planches fertilisées à l'urine hygiénisée sur ce site. Le premier apport du Birg-Koom (engrais liquide en moré) est intervenu le 17 janvier 2009 et a concerné des spéculations comme l'amarante, le gombo ou encore l'aubergine. Arrêté au milieu de la planche où ils ont cultivé de l'aubergine locale, Sayouba ne manque de mots pour venter les bienfaits des fertilisants Ecosan sur cette spéculation : "Comparée à l'aubergine qui a reçu l'urée, celle fertilisée au Birg-Koom présente des feuilles plus larges et plus vertes et des fruits plus gros. Je suis sûr qu'à la vente, nous ferons de bonnes affaires". Autre site, autre expérience. En effet, sur la plaine aménagée d'Itenga, Jean-Claude Béré et André Pouya sont deux des 17 producteurs qui expérimentent les fertilisants Ecosan. Pour ne pas se faire raconter les avantages du Birg Koom, ils ont accepté adhérer à Ecosan car se disant qu'ils n'avaient rien à y perdre. Aujourd'hui, avant même la récolte de ses patates douces, Jean-Claude est loin de regretter son choix : "Si je refusais et qu'au bout, certains de mes collègues maraîchers tiraient des avantages, je me mordrais les doigts. Je m'y suis lancé et les résultats sont déjà perceptibles, avant même la fin du processus". Et ce n'est pas André qui le contredira : "Lors de la première récolte de tomates que j'ai faite, j'ai constaté que j'ai eu des tomates plus grosses et en plus grande quantité sur les planches fertilisées au Birg-Koom." Il faut noter que les femmes représentent une composante importante de la population du Kourittenga. L'équipe du Projet Ecosan_UE2 n'ambitionne pas de les laisser en marge de cette phase d'expérimentation des fertilisants Ecosan sur les cultures maraîchères. A Boangtenga, elles constituent les cibles de cette approche. Clarisse Bélembaogo, la présidente des femmes de ce village, affirme : "Nous nous réjouissons que le projet nous ait choisies comme ses cibles dans notre village. Comme c'était la première fois que nous appliquons l'urine sur nos cultures, nous supportions un peu difficilement son odeur. Au fur à mesure que nous allons nous y habituer, cela ne nous posera plus de problèmes". Il faut noter que pour mener à bien ses activités d'expérimentation sur les cultures maraîchères dans ces quatre sites pilotes, le projet a importé de Ouagadougou 332 bidons d'urines, soit 6640 litres d'urines.

Souleymane Zaré

 

Un Centre pour l'éthique judiciaire

Un groupe de personnes ressources, et pas des moindres, vient de procéder à la mise en place d'un Centre pour l'éthique judiciaire (CEJ). Une institution qui a pour but la promotion des valeurs éthiques et le respect de la déontologie au sein des professions juridiques et judiciaires. D'œuvrer à l'émergence d'une justice indépendante, impartiale et protectrice des droits individuels et collectifs.
Sont à l'initiative de la création de ce Centre, Maître Mamadou Sawadogo, ancien bâtonnier, le magistrat Armand Ouédraogo, le célèbre juge du dossier David Ouédraogo, celui-là qui a découvert le faux des gendarmes qui aurait du emporter l'ancien ministre de la Sécurité Djibril Bassolet, aujourd'hui représentant spécial du secrétaire général de l'ONU au Darfour, Maître Rosine Bogoré/Zongo, l'une des rares huissiers de justice intègres du Burkina Faso, de Maître Françoise Ki-Zerbo connue également pour son intégrité et Maître Guy Hervé Kam, premier secrétaire général du Syndicat burkinabè des magistrats (SBM) et " l'ami " intime de l'ex-ministre de la Justice, Boureima Badini…Le Centre pour l'éthique judiciaire est créé par la crème des professions juridiques et judiciaires. Mais c'est une institution qui n'est pas fermée aux autres valeurs des autres professions, s'empresse d'ajouter le président du Centre, le bâtonnier Sawadogo.
Le Centre vient juste d'être reconnu et devrait, selon toute vraisemblance, se signaler dans les jours à venir par ses premières actions sur le terrain de l'éthique.
La naissance de ce Centre est bien accueillie par les milieux avisés. Le ministre de la Justice qui a reçu une visite de courtoisie des premiers responsables du Centre s'est réjoui de la création d'une telle institution qui "manquait à notre système judiciaire".
Dans les jours à venir, les responsables du Centre devraient être reçus par le Premier ministre, Tertius Zongo.
En attendant évidemment, les premières actions du Centre, on se réjouit à l'idée qu'il y a désormais une instance assez qualifiée pour opiner sur le jugement des juges et des autres acteurs de la justice. Parce que s'il faut juger les juges, il faut aussi avoir à l'œil un corps comme celui des huissiers qui est aujourd'hui la vraie grande malade de notre système judiciaire.

NAB



 

© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 16 mars 2009